vendredi 24 février 2017

Saint-Valentin ou Sant-Jordi ?



Il parait qu’il y a beaucoup de gens qui boudent la Saint-Valentin. Le Monde s’en est fait écho (ici) et je fais partie de ces gens qui trouvent que c’est trop commercial, que le rose et le rouge ne sont pas plus les couleurs de l’amour que toutes les autres couleurs de l’arc-en-ciel, et que je n’ai pas envie qu’on m’impose que ce soit ce jour-là que je dois célébrer ma moitié.

J’aime bien l’idée qu’un couple fête sa relation, en un moment un peu spécial. Mais, comme en beaucoup de choses, j’aime décider comment je procède. J’ai de la chance, c’est le cas de ma moitié ! (qui se ressemble s’assemble ?)

Alors nous avons décidé de fêter la Sant Jordi. Qu’est-ce que c’est ? Une fête catalane, qui peut se décliner de multiples façons. On dit que les amoureux offrent une rose à leur belle, et qu’elles offrent un livre en retour. Nous l’avons adaptée : chacun offre à l’autre une rose et un livre. D’autres également l’ont adaptée et offrent des livres à leurs proches. En voici une présentation que j’aime bien : http://www.spain.info/fr/reportajes/la_fiesta_sant_jordi.html



Mais puisque c’est aussi une fête officielle du calendrier, où est l’intérêt, me direz-vous ?

Dans notre esprit cette façon de se fêter a plusieurs avantages
- c’est notre choix. Il ne nous a pas été imposé, il part d’une vraie envie
- c’est romantique mais pas bêbête, gnan-gnan comme la Saint Valentin (voir plus haut)
- il n’y a aucune surenchère dans les cadeaux, un livre ça reste un cadeau à un prix raisonnable.

Et ce qui me fait le plus plaisir, lorsque j’en parle autour de moi c’est que… l’idée séduit ! Beaucoup de gens trouvent que cette façon de célébrer son amour parle plus au cœur que bien des Saint-Valentin !

mercredi 25 janvier 2017

Oublier les livres...



N’arrivant plus à ranger mes (nos) livres, j’ai fait un grand réaménagement de nos différentes bibliothèques et étagères. Je suis bien entendu retombée dans mon classement pathologique (cf un vieux billet, ici : lien), mais là n’est pas mon propos d’aujourd’hui.

Quelle ne fut pas surprise, parcourant les titres pour décider comment j’allais les classer maintenant, de constater que je ne me rappelais pas ces livres ? Enfin certains d’entre eux, pas mal d’entre eux, pas tous quand même ! 


Amin Maalouf, les échelles du levant ? J’ai aimé, mais... de quoi ça  parle ?
Roy Lewis, pourquoi j’ai mangé mon père ? Idem
André Gide, les caves du Vatican ? Je n’ai pas aimé, mais… de quoi ça parle ?
Alexandre Dumas, le comte de Monte-Cristo ? Ah nonce livre fait partie de mon Panthéon et je peux vous raconter (presque) tout !
Fédor Dostoïevski, Les frères Karamazov ? Lu au lycée, ce fut long et difficile. Mais c’était bien. Et je ne sais plus pourquoi.
Stefan Zweig, le joueur d’échecs, Michel Tournier, Eléazar ou la source du buisson : mince, j’ai lu ça ?  
N’en jetons plus, la coupe est pleine.

Au lieu de tenter de passer pour un de ces intellectuels capables de vous citer quelques lignes de tous les livres qu’ils ont lus, j’ai préféré vous l’avouer tout net : j’oublie. Mais devant ce constat que faut-il faire ?

Relire alors que j’ai 15 ou 20 livres qui m’attendant dans ma PAL[1] (qui en vrai est constituée d’un panier, cela pourrait être un sujet de billet sur ce blog) ?

Relire, alors que chaque année, entre les rentrées de septembre et de janvier, et l’arrivée des vacances d’été, des centaines de livres nouveaux sont publiés ?

Je le dis tout net : c’est un drame cornélien. Et dire que mon projet de relecture majeur, c’était Les trois mousquetaires (qui n’étaient pas quatre, n’en déplaisent à certains), roman dont je me souviens très bien !

Bref, s’il fallait en tirer en tirer une morale je proposerais celle-ci : la mémoire est fait d’oublis autant que de souvenirs ; entre aller de l’avant et se rappeler il faut choisir ; de toutes façons la lecture doit d’abord rester un plaisir (ce qui veut dire que je relirai si j’en ai envie, na !)


[1] PAL = pile à lire

mercredi 18 janvier 2017

En novembre et décembre, j'ai lu...



Comme j’ai pris du retard sur l’année 2016, j’hésite à vous commenter dans le détail tous les livres lus en novembre et décembre. Et il faut bien dire que j’ai un peu la flemme, en plus. Je vais donc tenter de vous dire juste quelques mots sur chacun d’entre eux.

Pour seul cortège, Laurent Gaudé
Eblouissant ! J’ai un faible pour cet auteur, d’accord. Mais ici, pour évoquer la mort d’Alexandre le grand, l’auteur use à merveille de la poésie dans un univers pesant de mort et de d’effondrement ; du rythme, celui des mots, celui des pleureuses ; des sentiments forts qui dépassent les misérables manœuvres de ceux qui ne pensent qu’au pouvoir. Quelle force !

HHhH, Laurent Binet
Pas pu. Lu vingt pages, et abandonné. J’avais déjà écrit que je n’aimais pas l’exofiction (lien), et ça se confirme. Tout savoir au bout de vingt pages des amours de Laurent Binet, et encore rien sur Heydrich, je n’ai pas supporté

La douceur de l’ombre, Alain Corbin
J’ai lu la moitié de cet essai, il me reste encore du chemin à faire avec. Un essai sur les sentiments provoqués par les arbres, à travers des références surtout littéraires, mais aussi picturales. J’y ai retrouvé beaucoup de mes sensations, cela m’a fait plaisir.

Le village de l’allemand, Boualem Sansal
Un livre lu presque d’une traite, et qui fait mal. Les parets des frères Schiller sont massacrés par le GIA dans leur village d’Algérie. A cette épreuve s’ajoutera la découverte de ce que fut réellement leur père, l’Allemand…
Le parallèle entre le nazisme et les méthodes du prosélytisme des islamistes dans les banlieues est terrible

Les insurrections singulières, Jeanne Benameur
Un jeune homme décalé dans la vie, à la recherche de son identité, entre amours difficiles et mondialisation brutale, entre parents incompris et lutte syndicale.
Un beau titre pour un beau livre qui raconte ce parcours du personnage au plus profond de lui-même et au plus loin de ses amarres. Un livre de femme (hihihi) pour raconter un parcours d’homme, et une belle réussite.

Le théorème d’Almodovar, Antoni Casas Ros
Un roman très almodovarien ! Un jeune homme défiguré par un accident qui a tué la femme aimée émerge de sa solitude grâce à un transsexuel tendre et au regard que pose sur lui la caméra du cinéaste. Il faut aimer se laisser porter dans les univers étranges qu’affectionne Almodovar pour plonger dans ce court mais puissant roman.

Just kids, Patti Smith
Je n’écoute pas beaucoup la musique de Patti Smith et je ne connais pas les photos de Robert Mapplethorpe, mais j’avais envie d’en savoir plus sur eux. Leur histoire fut unique, un amour indéfectible, plus fort que la vie et ses détours, construit autour de l’art et peut-être comme une œuvre d’art. Dans un New York bouillonnant et créatif, entre art et rock and roll, ils vont se construire ensemble, chacun va se trouver et rester lié à jamais à l’autre.
Ce livre est moins « sex, drugs and rock ‘n roll » que le laisse entendre la quatrième de couverture, ce qui n’est pas l’expression d’un regret. Il est avant tout émouvant, même si j’ai un peu regretté que Patti Smith s’efface tellement derrière la figure de Robert Mapplethorpe.