lundi 29 mai 2017

Boite à livres



Ma fille me connait bien. En balade au parc de Montmorency, elle trouve une boite à livres, trouve que c’est une idée très sympa et m’envoie une photo. Elle a doublement raison : j’adore l’idée et ça me fait plaisir qu'elle ait pensé à moi.

A côté de chez moi, il y a une étagère publique avec des livres, à disposition de chacun. Je vais ajouter (dès que je l’aurai faite), la photo de cette étagère à ce post.

Et je demande à vous tous, amis lecteurs, de m’envoyer les photos des boites à livres que vous pouvez rencontrer au hasard de vos pérégrinations. Tous ensembles nous pourrons alors créer un kaléidoscope de ces lieux assez magiques, basés sur le partage et la confiance. Deux belles valeurs, qui me touchent.

Vous connaissez mon adresse mail : encrebleunuit@gmail.com. A vos photos !

jeudi 4 mai 2017

dure de la comprennette



Je pousse la porte. Enfin j’essaie, parce qu’elle est bloquée. C’est étrange car c’est la porte de chez moi, ou personne ne m’attend sauf le chat. C’est un grand chat chasseur, il est fortiche mon chat, mais pas au point de bloquer une porte.

Vous auriez fait quoi à ma place ? Prendre vos jambes à votre cou et appeler des flics au secours ? Bref, une réaction normale ? Et ben non. Je commence par me dire « Mais qu’est-ce qu’il a fabriqué ? » en pensant à mon homme de ménage qui est venu repasser ce matin. Oubliant que s’il est sorti, il n’a pas pu bloquer la porte. On n’est pas dans Le mystère de la chambre jaune, mais presque.

Et moi voilà introduisant ma main dans l’espace entre la porte à peine entrebâillée et le chambranle, et poussant sur le meuble qui la bloque. Petit à petit, j’arrive à déplacer cette commode, une bonne vieille Billy de Ikéa qui m’accompagne depuis 20 ans. Enfin je peux me glisser dans l’ouverture.

Là, je découvre un vrai chantier. Normal en fait, puisque que l’appartement est en travaux. Nous sommes en train de refaire le séjour, les meubles sont au milieu de la pièce, le papier arraché, des pots de peintures et des rouleaux trainent partout. Observer cela fera naître un air de doute sur le visage de l’enquêteur qui viendra chez moi le lendemain.

Ceci dit, il y a du bazar au milieu du bordel. Ou l’inverse. Des indices d’un truc qui cloche. Des tiroirs ouverts. Je vais vers la chambre, puisque j’ai entendu un bruit là-bas en entrant. Et oui, vous avez bien lu, je vais vers ma chambre. Elle n’est pas en chantier. Mais c’est tout comme maintenant. Le désordre est… immense, la fenêtre entrouverte. Mes voleurs ont filé par là. Après avoir fouillé mes armoires, tout jeté au sol et pris les bijoux.


Ils ne sont pas allés très loin dans les deux autres chambres. Faut dire que sont entreposés là des cartons, des meubles démontés, des lampes, des plantes, tout ce qui habite d’ordinaire mon séjour mais ne peut pas y être pour cause de travaux. Sinon, ça aurait pu être pire.

Je vous passe les détails ensuite : dépôt de plainte, visite des enquêteurs pour relever des empreintes inexistantes (mais on a compris comment les voleurs sont entrés !), déclaration à l’assurance, etc…

Aujourd’hui encore je repense à certains bijoux qui m’ont été volés, à ceux qui avaient un sens à mes yeux. Et puis je regarde parfois les quelques bracelets en argent qui restent. Et oui, ils n’ont pas tout pris.

J’ai mis deux ans à réaliser que le bruit, c’étaient mes voleurs qui l’avaient fait en ouvrant la fenêtre quand eux m’ont entendu pousser la porte. En fait j’ai failli me trouver face à eux. Je suis à la fois inconsciente et dure de la comprenette. Un pareil retard à l’allumage, c’est grave docteur ?

jeudi 27 avril 2017

Trois mois en 2017: un tas de livres...



Depuis le début de l'année, j'ai omis de vous parler de mes lectures. Du coup, il y en a plein ! Toute une pile ! Impossible donc de faire un compte-rendu détaillé, mais voici quelques avis.





La part du Mort, Yasmina Khadra
J’ai lu ce livre parce que… je croyais ne l’avoir pas lu. Je me suis trompée. Mais bon, je suis allée au bout. Un bon roman policier, une belle plongée dans une Algérie au bord de la guerre civile, malgré quelques faiblesses, et une nette baisse de rythme aux trois-quart du livre, qui heureusement repasse la vitesse supérieure ensuite 

Naufrages, Francisco Coloane
Je me suis trompée en lisant la quatrième de couverture. Il s’agit d’une suite de récits de naufrages de bateaux sur les côtés d’Amérique du Sud, écrits de façon pas du tout romancée. On est à la limite du catalogie, et le sujet ne me passionne pas. Lecture interrompue. 

La boîte noire, Tonino Benacquista
Une petite suite de nouvelles extrêmement maîtrisées, navigant à la frontière de l’irréel ou du surréel, qui m’a donné un grand plaisir à lire. 

Article 353 du code pénal, Tanguy Viel
Dans le cabinet d’un juge, un homme retrace le parcours qui l’a amené à jeter à la mer un promoteur immobilier. Ce roman m’a épatée ! Sur la forme : l’homme qui parle est un homme simple, et l’auteur réussi le tour de force de le faire parler « comme on parle », tout en maintenant un récit très écrit, travaillé. Sur le fond : sans misérabilisme, à travers le parcours de cet homme, on pénètre dans le quotidien de ces gens dont la vie bascule suite à un « accident de la vie », ici un divorce et un licenciement, ainsi que les ravages que peuvent faire les mirages aux alouettes comme ces investisseurs qui se contentent de tondre les naïfs. 

La Cheffe, le roman d’une cuisinière, Marie Ndiaye
Un homme, à la retraite, raconte la vie de la cuisinière pour laquelle il a travaillé.
Quel roman étrange ! Le récit a presque autant d’austérité que celle de la Cheffe, les personnages ne sont jamais nommés, aucun d’ailleurs n’est vraiment attachant, bref dit comme ça j’imagine que ça ne donne pas envie… Et pourtant ! Ces personnages pas attachants sont tellement décalés par rapport aux  standards de la littérature, qu’on a toujours envie d’en savoir plus. Alors on s’accroche à ce roman qui progresse lentement, tenant le lecteur dans une attente permanente, on suit les méandres de la mémoire du narrateur, avec un plaisir certain.
Je voudrais souligner au passage que la description des premiers patrons de la Cheffe, et de leur étonnante relation à la nourriture, m’a rappelé les meilleurs passages de Zola, ce qui est un grand compliment.

Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas.
Un chef d’œuvre qu’on ne présente plus ! Je me suis régalée à retrouver d’Artagnan,  Athos (mon plus grand héros parmi tous les livres que j’ai lu), Porthos et Aramis, La méchante Milady et l’infâme Homme de Meung. J’ai redécouvert des détails oubliés, et cette atmosphère des romans de cape et d’épée que j’ai tellement aimés, un vrai grand moment ! 

Il reste la poussière, Sandrine Collette
Comme ce livre est difficile à résumer, je préfère ce lien vers le site de l'éditeur

Cette romancière, vue chez François Busnel, m’intriguait. Je suis tombée par hasard sur ce roman dans une librairie, je l’ai pris et voilà.
Quelle force dans l’écriture ! Quelle maestria pour décrie l’âpre nature de la Patagonie, la vie difficile, les sentiments des personnages ! Quelle belle structure narrative, se plaçant successivement du point de vue des différents membres de la famille ! La description de la violence ancrée chez chaque frère et chez ma mère est d’une finesse remarquable, bref, un formidable exemple de « nature writing »

La fille du train, Paula Hawkins
On ne présente plus le roman, ni le film qui en a été tiré (et que je n’ai pas vu). Je me suis sentie happée dès les premières pages, ayant à tout instant envie de comprendre les liens entre les différents personnages, et surtout ayant envie de comprendre qui est Rachel, anti-héroïne parf   aite (divorcée, alcoolique, paumée, menteuse…). Si le style est parfois un peu trop léger, hâtif, l’intrigue est bien ficelée. 

Comment tu parles de ton père, Joann Sfar
J’avais écouté Joann Sfar avec intérêt lorsqu’il est passé à La Grande Librairie, mais je ne m’attendais pas à ce livre-là. Et j’en ai été enchantée ! Après la mort de son père, l’auteur s’interroge sur son identité, sa relation avec son géniteur, sa judaïté. Il nous parle avec sincérité et… un humour ravageur. S’agit-il tout simplement d’humour juif ou de ce rire qui est la politesse du désespoir ? Un peu des deux sans doute… Un exemple que j’ai beaucoup aimé : 


  Au CM2, j’ai souhaité faire plaisir à mon père en tombant amoureux d’une Juive. Cela m’a coûté beaucoup d’efforts. Il n’y en avait qu’une dans l’école et Dieu, pour m’éprouver, l’avait affublée d’un nez rébarbatif.

Il faut bien reconnaitre une petite faiblesse sur la fin, et une conclusion pas tout à fait à la hauteur du reste du livre. Néanmoins ce fut un réel plaisir de lecture !